Accueil

Plantes exotiques envahissantes à surveiller

La majorité des plantes exotiques envahissantes ont été introduites au Québec entre le 17e siècle et le début du 20e siècle. La plupart proviennent d'Europe, mais quelques unes proviennent aussi d'Asie ou d'Afrique. Ces plantes ont été importées á des fins horticoles, agricoles, médicinales alimentaires au accidentellement par les eaux de ballasts des navires.

Les plantes exotiques empruntent de multiples voies d'entrée et de propagation : transport ferroviaire et maritime, navigation de plaisance et commerciale, véhicule tout terrain, commerce lié á l'alimentation, l'aquariophilie et aux jardins d'eau. Introductions non autorisées, espèces sauvages migratrices, dispersion passive. Encore aujourd'hui, l'horticulture demeure un vecteur très important de dissémination de ces plantes. D'abord utilisées pour orner les plates-bandes, les parterres et les jardins, plusieurs plantes exotiques se propagent ensuite dans les milieux naturels et profitent de l'absence de compétiteurs, de prédateurs ou de maladies pour prendre d'assaut des écosystèmes entiers.

Contrairement à d’autres espèces végétales envahissantes, l’alpiste roseau était déjà  présent (indigène) en Amérique du Nord avant d’être massivement importé d’Europe sous forme de cultivars commerciaux pour la culture fourragère, principalement dans l’Ouest. Il est toutefois très difficile de différencier les plants indigènes des plants exotiques. Leur distribution respective au Canada n’est d’ailleurs pas connue.

Au Québec, l’alpiste roseau est largement répandu le long du fleuve, principalement sur les îles. Cette espèce prolifère surtout entre le lac Saint-Louis et le lac Saint-Pierre. Sa présence est associée à une dominance de la communauté végétale dans 40% des cas. Même si la présence de l’alpiste roseau est considérée comme un problème modéré, sa dissémination est inquiétante et appelle à une certaine vigilance. Le contrôle de l’alpiste roseau n’est pas évident car cette plante au feuillage vert passe souvent inaperçue dans les milieux humides.

Originaire d’Asie et d’Europe, le butome à ombelle a été vu pour la première fois sur le bord du Saint-Laurent en 1897. Déjà en 1935, il pouvait être observé tout le long du tronçon d’eau douce du fleuve. Le butome s’est étendu ensuite jusqu’en Gaspésie, n’épargnant ni les
abords des cours d’eau, ni les marais intérieurs. Toutefois, c’est entre le lac Saint-Louis et le lac Saint-Pierre qu’il est le plus abondant. On le trouve aussi fréquemment le long de la rivière Richelieu.

Le butome à ombelle a beaucoup élargi son aire de distribution depuis les premiers signalements, il y a plus de 100 ans. On le trouve maintenant en Ontario et de façon sporadique en Nouvelle-Écosse, au Manitoba, en Alberta, en Colombie-Britannique et dans plusieurs états américains frontaliers (Montana, Dakota, Minnesota, Ohio, Idaho).

Le cabomba de Caroline est originaire d’Amérique du Sud (sud du Brésil, Paraguay, Uruguay, nord de l’Argentine) et du sud-est des États-Unis. Sa dispersion à travers le monde est généralement attribuée au commerce de plantes et d’animaux d’aquarium et à la navigation de plaisance. Son introduction récente au Canada résulte probablement d’un rejet accidentel ou délibéré de spécimens d’aquarium dans le milieu naturel. Il est aussi possible que l’espèce ait voyagé en s’accrochant aux embarcations provenant de zones envahies des États-Unis. Présent dans plus de 30 états américains, le cabomba de Caroline s’est implanté dans plusieurs lacs du sud de l’Ontario et survit même à l’hiver depuis au moins 1991. Aujourd’hui, le cabomba de Caroline menace de s’étendre vers les plans d’eau du Québec.

Le cabomba de Caroline n’a pas encore été observé au Québec mais il est bien établi dans le sud de l’Ontario et dans plusieurs états américains frontaliers, dont le New Hampshire ainsi que l’état de New York. Dans ce contexte, il est très important de surveiller son apparition au pays et de signaler sa présence. Son dépistage précoce et une intervention rapide préventive pourra freiner sa dissémination dans nos régions et ainsi limiter les conséquences environnementales et économiques de sa prolifération.

La châtaigne d’eau est originaire des régions tempérées de l’Asie et de l’Europe. Elle a été introduite à des fins ornementales pour les jardins d’eau, à la fin du 19e siècle, dans le nord-est des États-Unis. Ce n’est qu’en 1940 qu’elle est apparue dans la partie sud du lac Champlain. Aujourd’hui, on la trouve également dans plusieurs autres états américains avoisinants. Au Québec, elle a été aperçue pour la première fois en 1998 à la rivière du Sud, un affluent de la rivière Richelieu.

Au Québec, l’invasion de la châtaigne d’eau a été spectaculaire à la rivière du Sud. En quelques années seulement, la châtaigne a recouvert la rivière d’une rive à l’autre sur une dizaine de kilomètres. Les efforts d’éradication du ministère des Ressources naturelles et de la Faune du Québec réalisés en collaboration avec Canards Illimités Canada et le Centre
d’interprétation du milieu écologique du Haut-Richelieu, depuis 2000, ont réussi à limiter sa propagation et réduit de façon drastique son abondance dans les sites infestés. Cependant, une surveillance et une poursuite des activités d’éradication demeurent nécessaires au cours des prochaines années.

L’hydrille verticillé est originaire des eaux tièdes d’Asie, d’Afrique et d’Australie. Il a été introduit en Floride, aux États-Unis au début des années 1950, possiblement par la voie de l’aquariophilie. L’espèce est aujourd’hui répertoriée dans plus de 22 états américains, mais n’a pas encore été observée au Canada. Ses caractéristiques physiologiques, sa croissance rapide et sa reproduction efficace font de cette espèce une des plantes aquatiques les plus nuisibles au monde.

La présence de l’hydrille verticillé dans certains états frontaliers, tels la Pennsylvanie ainsi que les états de New York et de Washington, préoccupe plus particulièrement les régions des Grands Lacs et la Colombie Britannique. Dans ce contexte, il est très important de surveiller son apparition au pays et de signaler sa présence. Son dépistage précoce et une intervention préventive rapide pourra freiner sa dissémination au Canada et ainsi limiter les conséquences environnementales et économiques de sa prolifération.

L’hydrocharide grenouillette est une plante originaire d’Europe et d’Asie. En 1932, elle a été introduite intentionnellement à des fins ornementales dans un étang d’Ottawa. Peu de temps après, elle a été observée le long du canal Rideau, le long du fleuve Saint-Laurent et dans plusieurs de ses tributaires.

On la trouve surtout dans la partie ouest du Québec, adjacente à l’Ontario et de façon moins importante dans la région nord de l’état de New York. Elle poursuit sa progression le long des cours d’eau.

Le myriophylle à épi est originaire d’Europe, d’Asie et d’Afrique du Nord. Plusieurs indices portent à croire qu’il aurait été introduit par les eaux de lest des navires, fort probablement dans la baie de Chesapeake sur la côte est des États-Unis. Par la suite, la plante s’est disséminée rapidement; les pêcheurs, les plaisanciers, la faune aquatique et le commerce des plantes d’aquarium ont largement contribué à sa propagation. Au Canada, les premières mentions de myriophylle à épi ont été faites en Ontario et au Québec dans
les années 1960. Au cours de cette même période, il est devenu rapidement nuisible en plusieurs endroits.

Les moyens de lutte déployés jusqu’à maintenant ont eu plus ou moins de succès. Même si la situation semble s’être stabilisée dans plusieurs lieux le long du fleuve Saint-Laurent, il est fort probable que le problème d’invasion se poursuive vers les lacs des Laurentides et des Appalaches.

Originaire d’Europe, de l’Ouest de l’Asie et de l’Afrique du Nord, le nerprun bourdaine a probablement été introduit en Amérique du Nord avant le 19e siècle par le transport maritime. Toutefois, ce n’est que vers la fin du 19e siècle qu’il s’est largement répandu dans le nord-est de l’Amérique du Nord, principalement comme plante de haie. La dissémination fortuite de cette espèce semble être associée à l’horticulture ornementale.

Au pays, le nerprun bourdaine est présent en Nouvelle-Écosse, au Québec, au Manitoba et surtout dans le sud de l’Ontario, près des grandes villes. Il préfère les milieux humides et les sols saturés d’eau (marais, tourbières, forêts) mais il peut aussi être observé dans certains milieux secs, le long des clôtures, à la lisière des boisés et dans les prairies. Au Québec, sa présence est encore limitée. Toutefois, sa dissémination rapide et sa capacité à envahir les milieux naturels est de mauvais augure. Son expansion dans les forêts du Mont-Royal, au cours des dernières décennies, en est un exemple. Le nerprun bourdaine menace aujourd’hui l’intégrité de l’écosystème naturel du parc montréalais. Dans le sud de l’Ontario, dans la région d’Ottawa, entre autres, la situation y est encore plus critique. Très abondant dans certaines zones urbaines, il se propage maintenant en périphérie.

Originaire d’Europe, de l’Ouest de l’Asie et de l’Afrique du Nord, le nerprun cathartique a probablement été introduit en Amérique du Nord au cours du 18e siècle par le transport maritime. Ce n’est que vers la fin du 19e siècle qu’il s’est largement répandu dans le nord-est de l’Amérique du Nord, principalement comme plante de haie. La dissémination fortuite du nerprun cathartique se serait produite par le biais des activités horticoles.

Dans nos régions, le nerprun cathartique colonise plusieurs types de milieux tels les prairies, les champs abandonnés, les lisières des boisés, les abords des clôtures et les plaines inondables. Au pays, les principales avancées du nerprun cathartique se trouvent dans le sud de l’Ontario (centre-est) et du Québec (sud-ouest). Le nord-est des États-Unis n’est pas épargné tout comme le sud du Manitoba et les états limitrophes. La dissémination de l’espèce est préoccupante dans les secteurs urbanisés et les boisés des régions d’Ottawa et de Montréal. Le nerprun cathartique pose problème dans plusieurs boisés de Montréal, dont celui du parc Marcel-Laurin, dans le parc-nature du Cap-Saint-Jacques et dans la forêt du Mont-Royal. D’autres colonies importantes sont aussi observées dans les villes de Québec, Sherbrooke et Longueuil. Bien que les envahissements soient plutôt localisés, plusieurs indices portent à croire que l’espèce est en cours d’expansion.

Originaire d’Asie, la renouée japonaise a été introduite comme plante ornementale sur les côtes est et ouest des États-Unis vers la fin du 19e siècle. Par la suite, sa dissémination vers l’intérieur du continent n’a pas tardé. Au Québec, sa présence a été notée pour la première fois à Dunham en 1918.

Au Québec, son statut est encore flou mais la dissémination rapide de ses populations laisse présager que la plante est très répandue. On la trouve dans la forêt mixte, sur les rives et dans les terres cultivables. Elle est particulièrement abondante en milieu urbain où elle est souvent utilisée comme plante ornementale ou pour former des haies. Elle est extrêmement résistante et vivace: il est pratiquement impossible de s’en débarrasser!

Le roseau commun pousse dans tous les continents du globe à l’exception de l’Antarctique. En Amérique du Nord, il est présent depuis plus de 3000 ans. Plutôt clairsemé jusqu’à la fin des années 1950, le roseau commun a pris, depuis une trentaine d’années, une expansion remarquable dans le sud-ouest du Québec. Les perturbations des milieux naturels (dragage, excavation, aménagement, etc.), les changements climatiques et les variations de niveaux d’eau ont contribué à la propagation de cette plante qui a commencé à s’établir en vaste monoculture. Soulignons toutefois que c’est un génotype européen, introduit au cours des derniers siècles, qui est à l’origine des envahissements.

Au Québec, le roseau commun s’étend aujourd’hui de l’Abitibi à la Gaspésie. Malgré son omniprésence dans les paysages du sud de la province, les colonies de roseau commun demeurent peu fréquentes dans les milieux humides. Toutefois, lorsque l’espèce s’y installe, elle domine largement l’espace (dans 71% des cas). Par exemple, aux îles de Boucherville, sa progression a été fulgurante. Absente de la région en 1970, cette plante occupe maintenant près de 250 000 m2 et semble toujours en expansion.

Originaire d’Europe et d’Asie, la salicaire a été introduite au Canada au début du 19e siècle. Elle se serait retrouvée dans les eaux de lest des navires étrangers ou encore dans le fourrage ou la litière de bétail importé. Dès les années 1830, elle pouvait être observée le long de la côte est des États-Unis. Elle s’est ensuite répandue vers l’intérieur du continent avec la construction des voies ferrées, des grandes routes, des voies maritimes et des réseaux d’évacuation et de drainage. Plus récemment, la distribution de l’espèce par
les centres horticoles a également contribué à sa dissémination.

En Amérique du Nord, les régions les plus affectées par la présence de la salicaire sont le sud-est du Canada et le nord-est des États-Unis. Au Québec, même si son rythme d’invasion a ralenti depuis le milieu du siècle dernier,la salicaire est une espèce omniprésente le long des cours d’eau.