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Îlots de fraîcheur urbains : les écoles d’abord !

Projet financé par L’Institut national de santé publique du Québec

Les changements climatiques engendrent d’importants bouleversements des écosystèmes à l’échelle planétaire. Les systèmes urbains sont particulièrement vulnérables et les impacts s’y font durement sentir. Sans aucun doute le modèle actuel de développement urbain est en cause. En plus de créer des îlots de chaleur en été, les vastes étendues de béton et d’asphalte génèrent de sérieux problèmes de gestion des eaux. Lors de pluies intenses plus fréquentes, les réseaux unitaires de collecte et d’assainissement des eaux usées débordent. Ces déversements dégradent inévitablement la qualité des eaux des milieux récepteurs (lacs et rivières). Par ailleurs, l’intensification des phénomènes météorologiques violents accentue également le ruissellement qui lessive le territoire et contribue à polluer les cours d’eau. Il en résulte une diminution de la santé environnementale, de la qualité de vie des citoyens. Parmi les problématiques de santé publique urbaines en émergence en lien avec les changements climatiques, se trouvent aussi la qualité de l’air et les épisodes de chaleur intenses qui affectent de plus en plus les populations des quartiers industrialisés, commerciaux ou densément peuplés. Les maladies respiratoires et cardiaques sont en hausse et exacerbées en particulier par les événements de chaleur accablante. Il va sans dire que la présence de vastes surfaces minéralisées est étroitement liée à ce phénomène.

Une des solutions simples, réalistes et abordables à ces problèmes est assurément le verdissement intégré. En plus de créer des îlots de fraîcheur, les infrastructures et les aménagements verts1 limitent la contamination des cours d’eau en interceptant les eaux de ruissellement. Ils diminuent aussi la pollution atmosphérique et par le fait même les problèmes respiratoires qui y sont associés. Outre les bénéfices environnementaux des infrastructures vertes, il est aussi démontré que ces « paysages verts » atténuent la pollution sonore (CRE Montréal, 2007) et le stress. Par ailleurs, les infrastructures vertes augmentent l’efficacité au travail, favorisent les émotions positives, confèrent une fierté collective et accélèrent la guérison (Morris Center, 2007).

Dans une perspective de santé environnementale et plus précisément dans le but d’améliorer la qualité de vie des citoyens et surtout celle des enfants, Union Saint-Laurent Grands Lacs (USGL) s’associe à cinq écoles primaires de Montréal (Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, Rosemont–La Petite-Patrie, Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension) afin de réaliser des projets de verdissement intégré des cours d’écoles.

L’objectif principal du projet est de créer des « aménagements verts modèle » dans les cours d’écoles afin d’offrir un espace de vie sain et apaisant pour les élèves et la population adjacente. Le projet vise également à promouvoir ce type d’aménagements auprès des citoyens et des autres institutions scolaires afin qu’ils puissent contribuer au verdissement de leur milieu de vie.

Du point de vue environnemental, l’implantation de tels aménagements permet de :

  • Augmenter le couvert végétal
  • Créer des îlots de fraîcheur
  • Diminuer les gaz à effet de serre et les poussières
  • Réduire le ruissellement des eaux vers le fleuve
 Pour les participants (de l’école et de la communauté) un tel projet comporte de nombreux avantages car il permet de :
  • Améliorer la qualité de vie et la santé humaine
  • Développer des connaissances en santé environnementale
  • S’approprier son milieu de vie et s’y investir
  • Impliquer les citoyens dans des actions socio-environnementales

Des équipes de travail seront mises sur pied dans chacune des écoles (comités de parents, directions, CSDM, experts). Des aménagements verts modèle sur mesure (plan et devis) seront sélectionnés et conçus par des professionnels. Après approbation et ajustements au besoin, les aménagements seront réalisés, d’ici juin 2012, selon des procédures et un échéancier propres à chacune des écoles. Des activités éducatives scolaires et communautaires originales seront conçues. Le projet se terminera par une évaluation auprès des partenaires et la mise sur pied d’un comité de suivi.

Sylvie Trudel
Directrice régionale/bureau du Québec à Montréal
1555A, rue Papineau
Montréal (Québec)
H2K 4H7
(514) 396-3333
www.glu.org
usgl@glu.org et sylvie@glu.org

 


1 Infrastructures vertes réfèrent à un concept relativement nouveau qui emploie beaucoup de techniques anciennes. Communément imaginées tel un réseau interconnecté de forêts, de zones humides, de cours d'eau et d'autres aires, elles permettent de maintenir les processus écologiques naturels. Les infrastructures vertes réfèrent également à l'ingénierie et la conception de systèmes qui imitent la nature dans ses fonctions. L'intégration de la conservation et l'amélioration des espaces verts naturels dans la conception des systèmes d'infrastructure verte peut réduire de façon spectaculaire les impacts du développement et de la dégradation de l'environnement en milieu urbain. En utilisant des arbres, la végétation et les zones humides ou des systèmes artificiels qui reproduisent les fonctions des paysages naturels, les infrastructures vertes gèrent les eaux pluviales à la source en capturant les eaux de ruissellement et en les conservant avant qu’elles atteignent le système d'égout. Elles rétablissent ainsi une partie de la fonction hydrologique naturelle des zones urbanisées. Lorsque les eaux de ruissellement percolent dans les sols, elles sont naturellement filtrées et épurées par les plantes et les microorganismes qui dégradent les polluants, permettant à l'eau purifiée d’être réutilisée, évapotranspirée ou de recharger les eaux souterraines ou les eaux de surface (Ecojustice 2008, traduction libre).